mardi 1 septembre 2009

Sarajevo





Le nom de la ville evoque la desolation. Pourtant, etymologiquement, Sarajevo vient de 'saray', le palais (le serail), c'etait un lieu de villegiature pour les Ottomans, une ville situee en bordure de riviere, entouree de fraiches montagnes, de sources, de ressources minieres diverses...
La ville a surtout le malheur de se trouver en Bosnie, ce petit pays (pourtant ancien..) tiraille entre des puissances qui le depassent: Empire Ottoman et Empire Austro-hongrois (comme le raconte Andrić dans le roman de Višegrad), Serbie et Croatie dans la derniere guerre en date. La Croatie a attaque et detruit Mostar, et son fameux pont (aujourd'hui beau comme au premier jour, bien que le reste de la ville soit encore tres marque par les bombardements), la Serbie Sarajevo, dont elle a tenu le siege pendant 4 ans. La ville a ete quasiment aneantie mais elle a survecu grace a la tenacite des habitants - il faut dire que, vue dans ses belles heures, Sarajevo n'a pas l'air d'une de ces villes que l'on quitte facilement. On peut voir au musee historique une reconstitution de la vie sous le siege, les maisons transformees en abris de survie (potager sur le balcon, collecte d'eau par le toit, fenetres renforcees avec le plastique distribue par le HCR...) et dans le musee du Tunnel, on peut decouvrir le souterrain qui permettait d'approvisionner la ville. En s'eloignant du centre historique magnifiquement restaure, on peut voir aussi les traces de la guerre, impacts de balle, immeubles dechiquetes, site olympique ravage...
Mais la ville a principalement et avant tout un air de paisible capitale orientale, ou l'on prend le temps de vivre, surtout que c'est le ramadan. Les monuments de style ottoman cotoient harmonieusement les edifices austro hongrois, les eglises les mosquees, et toutes les collines semblent vivre dans la plus belle harmonie.
(photos : Sarajevo sous la pluie ; visite du musee du Tunnel; Mostar)

samedi 29 août 2009

la montagne humide

Mokra Gora se trouve aux confins de la Serbie, pres de la frontiere bosniaque, enfin la chose n'est pas claire car, comme je l'ai compris en passant la frontiere a pieds, lorsqu'on sort du territoire de la Republique serbe de Serbie on entre dans le territoire de la Republique serbe de Bosnie (photo). C'est une des subtilites des accords de Dayton, qui mirent officiellement fin, en 1995, a la guerre fratricide qui dechirait l'ex Yougoslavie. Pour satisfaire les aspirations nationalistes de chacun (et aussi parce que, dans l'histoire, les bosniaques etaient les moins forts), les zones du territoire de la Bosnie-Herzegovine a majorite serbe sont sous souverainete serbe... Donc dans les frontieres de Bosnie-Herzegovine il y a la federation de Bosnie et Herzegovine, et la Republique serbe. Brevo si vous suivez. Mais les gens semblent s'en debrouiller avec habilete au quotidien, passant avec aisance des dinars serbes aux marks bosniaques et a l'euro...







Ce n'est sans doute pas un hasard si c'est dans ces confins compliques, au sommet de la montagne humide, que Kusturića a decide de batir un village en bois, charmant, dans lequel on peut boire du jus 'Biorevolution' a l'effigie de Che Guevara et visionner des films du cineaste (j'ai vu Maradonna). On peut aussi faire une jolie balade touristique dans le petit train qui a inspire 'La vie est un miracle'.



(photo: biorevolution myrtille, avec Vadim, mon compagnon de route russe rencontre en face du mausolee de Tito a Belgrade, comme l'indique son tshirt)





Arrivee de l'autre cote de la frontiere, j'ai vu Visegrad, la ville celebre pour son pont et pour le roman d'Ivo Andric (photo)

mardi 25 août 2009

belgrade-premiers dessins




Il fallait ajouter des commentaires a ces dessins. celui du haut represente une eglise orthodoxe dans la citadelle de Belgrade, beau melange entre architecture orthodoxe et ottomane, qui surplombe la confluence entre le Danube et la riviere Sava. Celui du bas, c'est une decharge habitee par des Roms qui revendent des objets recuperes parmi les ordures. C'est la premiere chose que j'aie vu en arrivant en train a Belgrade. On n'en voit plus apres: Belgrade est une ville moderne, propre, assez touristique. on peut voir des galeries d'art partout, et des barges sur le Danube transformees en boites de nuit select...

voyages. Roumanie


me voici a Belgrade, sur un clavier serbe - vous l'aurez remarque aux fautes de frappe. Je suis arrivee ce matin apres une longue et confortable nuit en train depuis Bucarest.

La Roumanie etait une belle experience. Bucarest donne l'impression etrange d'etre une ville qui, se relevant de son passe de betonnages megalomaniaques, est colonisee par le monde. Western Union, le champion du transfert d'argent, domine de loin tous les McDonald's, Carrefour, Decathlon etc. C'est aussi une ville qui revit dans ses ruelles, ou se precipite la jeunesse branchee la nuit tombee.
A cette agitation nous avons prefere la chaleureuse rusticite des montagnes. Les paysans partageaient volontiers le lard et l'eau de vie de prune, nous laissaient dormir dans leur champ ou dans leur grange. Nous avons sillonne le pays de toutes manieres, a pieds, en charette, en train, en stop - souvent les plus edentes rigolards offraient de nous transporter dans leur vieille Dacia, qui tenait par la force du saint esprit, invoque a tous les carrefours.
Ceux qui parlaient anglais - ou avaient la patience de chercher les mots dans le dictionnaire franco roumain que nous transportions - parlaient parfois de l'Europe, qui detruisait les campagnes roumaines avec tous ses reglements et standards. Parfois de Ceaucescu, sous le regne de qui il n'y avait pas de liberte, mais pas de voleurs non plus, et davantage d'egalite. Les plus jeunes disaient vouloir partir, certains, qui etaient revenus, disaient au contraire ne plus vouloir quitter leurs montagnes.
Nous n'avons pas trouve la cle de la question tsigane. La Roumanie est, avec la Macedoine, le pays qui en compte la plus importante proportion. On les voyait mendier dans les villes, autour des gares. Nous avons traverse un village de Bucovine ou les parents travaillent comme bucherons et les enfants nous couraient apres pour nous piquer des trucs dans nos sac a dos. Un de nos chauffeurs, lorsque nous faisions du stop, nous affirmait que la Roumanie faisait beaucoup d'efforts pour les integrer et avait mis en place des quotas dans les universites a leur intention. Son hypothese etait que les riches tsiganes perpetuaient la misere des autres pour les exploiter.
Nous avonspar conte trouve la cle de Dracula. Le compte Vlad Tepes regnait en maitre absolu sur la Transylvanie. Il avait la reputation d'etre particulierement severe, et de punir les crimes en inventant des chatiments atroces - couper une main, ecarteler, empaler...Ce sont ses pratiques qui ont fait de lui un modele pour le seigneur buveur de sang...
Les paisibles monts de Transylvanie sont bien loin de ces contes obscurs. On peut tout au plus jouer a s'y faire peur en parlant des ours, mais les meules dorees qui ponctuent le paysage ont plutot un air moelleux et rassurant.

lundi 27 juillet 2009

Clotilde

C'est bientôt son anniversaire, essayons de lui faire souffler les bougies dehors...

http://clotildereiss.org/

samedi 18 juillet 2009

Apesanteurs

Ce blog a décidément tourné trop politique, revenons à un peu de beauté dans ce monde de brutes. J'ai vu hier un spectacle dans le cadre du festival "Paris Quartier d'Eté": le cirque à la Cité Universitaire. Il s'agissait plutôt de danse, danse acrobatique et en apesanteur, d'une grâce infinie - une sieste sur un mât chinois, une lutte avec l'insoutenable légèreté de l'être, un hymne baroque à l'amour musclé de la voltige, et des câlins trapéziques.

La chorégraphe, Kitsou Dubois, a été accueillie par le Centre National d'Etudes Spatiales, l'équivalent français de la NASA, qui est en charge non seulement de diriger les programmes d'exploration de l'univers, de lancements d'Arianes, mais aussi de tisser, avec tous ces fils, une "culture de l'espace" pour le grand public. La chorégraphe a pu mener ses recherches sur le mouvement sans gravité - et a participé à plusieurs vols "paraboliques" pour faire l'expérience corporelle de l'apesanteur. Une expérience proprement magique.

(une vidéo d'un autre spectacle peut être consultée sur le site de tv5)

lundi 13 juillet 2009

Les accommodements raisonnables

Pour prolonger le débat sur la burqa, voici deux liens
- l'un vers l'entretien que j'ai réalisé avec John Bowen, anthropologue américain et spécialiste de l'Islam, qui travaille actuellement sur les musulmans de France et leur perception par les pouvoirs publics: site de nonfiction.
- l"autre vers un article extrêmement stimulant, qui oppose au modèle français de républicanisme rigide les solutions canadiennes d' "accommodements raisonnables": ici.
Est-il besoin de le rappeler: je ne porte pas la burqa, je ne la défends pas, je trouve ça assez moche voire effrayant. Mais comme je l'ai dit précédemment, on ne légifère pas sur les gothiques, les tatoués et les grunges qui puent.